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Il y a quand même des jours où tout se ligue contre vous. J’ai lu un bouquin, un roman sur Berlin et sur le Kreuzberg d’avant la chute du Mur, qui disait : “c’est la ville qui te rejette, ici si tu tiens un an, c’est bon.” On est loin maintenant de l’ambiance de mon quartier à la fin des années 80, loin du Berlin absolument gris, froid, violent. Mais quand même, il y a des jours où je comprends qu’il peut être difficile de vivre ici si on ne l’a pas choisi, ou qu’on est déçus. Ce n’est pas mon cas, ça fait tout tenir.
Le dimanche, c’est la sacro-sainte célébration du “brunch”. On est pas à Manhattan, pourtant pour les Berlinois c’est passage obligé. J’aurais du m’en souvenir quand j’ai eu la bonne idée d’aller m’installer dans ce qui est devenu mon “bureau” (ce café à Prenzlauerberg). Au choix : des grappes de filles ultra-lookées, lunettes noires obligatoires, histoire de montrer qu’on n’a pas dormi de la nuit la veille, ou alors des petits couples (dont je soupçonne certains de s’être formés il y a quelques heures). Voilà, c’est bondé, et coincée entre 4 filles et 1 couple, mon ordinateur sur les genoux et la fumée de ma clope qui m’étouffe, je profite des conversations dont je comprends au grand maximum un mot sur 6. La migration est obligatoire. Il fait super froid, dehors.
Le métro est bondé. C’est le moment de parler de quelque chose qui me surprend toujours énormément ici. Il y a toujours des mendiants dans le métro, des gens qui font la manche ou qui vendent des journaux, ou qui jouent de la musique. Comme à Paris..sauf qu’ici, il y a systématiquement au moins deux personnes qui donnent. Mais ce qui me captive à chaque fois, c’est le fait que les gens sont attentifs, ou semblent attentifs en tout cas. Et pas seulement ceux qui donnent. Presque tout le monde se retourne et écoute. Presque tout le monde a l’air un peu perturbé (disons les choses comme ça : même si c’est pour soulager sa conscience, je trouve ça moins désagréable que l’impassibilité totale des Parisiens qui regardent leurs chaussures quand quelqu’un tend la main dans le métro). Je ne pense pas que ce soit du à l’exceptionnelle bonté morale des Allemands, d’ailleurs..mais il y a énormément de misère à Berlin, et je crois que tout le monde en est conscient.
Métro bis : il y a tellement de punks (pseudo ou réels), de marginaux (sur une échelle de marginalité qui va de gentil baba cool à clodo confirmé), de gens bizarres, de gens habillés n’importe comment (pantalon en vinyl + veste en jean + coupe de footballeur tchèque vu aujourd’hui) que personne ne s’en soucie (trop). Les mémés n’ont pas peur des méchants jeunes (et vieux), les dames bien habillées s’assoient à côté des rebelles aux cheveux roses. Alors peut-être que j’ai un point de vue idéaliste sur tout ça, mais j’ai l’impression que ça marche dans les deux sens. Je peux pas dire que tout le monde se mélange, c’est certainement faux..Mais n’empêche que ça me paraît moins cloisonné qu’ailleurs. Je suis allée au Köpi (un vrai squat, l’un des derniers ici) et personne n’avait l’air de trouver bizarre que je sois là..
Bref, Berlin c’est dur, mais Berlin c’est bien.
Conclusion pourrie mais avouons que ça fait du bien quand je parle d’autre chose que de mes (petits) tourments intérieurs, non?
Bon, sinon je peux aussi vous dire que j’ai fait des cauchemars cette nuit, que je me suis réveillée au moment où je pensais mourir par manque d’air (en étouffant donc) et que ce soir je vais manger des pâtes chez B…
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et oui, la politique suisse flanche en ce moment… fachistes ! Je suis à Berlin depuis plus d’un an et demi maintenant… et compte encore y rester x temps… Et toi ? Pour un temps donné, en mission ou installée ? Faudra qu’on en discute devant un café-clope.
Comment par la loutre octobre 22, 2007 @ 4:07