naïve


Bascule
novembre 27, 2007, 10:51
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C’est troublant lorsque l’on sent, littéralement, les choses en train de se faire, en train de devenir, de se jouer. Passer un palier. Avoir un pied sur la marche suivante et savoir que si on ne lève pas l’autre pied, on va se casser la gueule, faute de pouvoir faire marche arrière (sans mauvais jeu de mot). J’ai toujours eu horreur des changements, je les craint et je les déteste. Quitte à les accomplir moi-même, pour ne pas avoir à souffrir d’un changement de ciel soudain, d’un mouvement des nuages imperceptible qui suffirait à tout briser. Il y a de la pensée magique là-dedans, beaucoup. Comme compter certaines choses dans la rue, ne pas marcher sur les arrêtes des pavés, s’attacher aux objets. A chaque “changement” , se dire : “la dernière fois (que tu t’es servi de ca, que tu étais là, que tu as vu telle personne) ce n’était pas comme ca”. La superstition. L’immense peur du “Ce ne sera plus jamais pareil”. Ca ne sera plus jamais aussi bien parce que pas comme avant. Les battements d’aile du papillon me torturent, j’ai l’impression qu’il essaye en permanence de détruire mon (des)équilibre, qu’il s’active dans le froufroutement inquiétant de ses ailes qui libèrent de la poudre qui sent déjà le moisi du passé, dans un seul but : me destabiliser, et donc me faire tomber.

B. m’a rappelé finalement, hier soir, j’ai demandé l’ordinateur de H. Sa voix est gênée, ses mots encombrés de rires inutiles, le goût étrange du quelque chose a changé. Mais quoi?
Je n’ai pas compris cette semaine sans se voir, ca n’était jamais arrivé depuis que je le connais. Je n’ai pas compris de cette facon-là, qu’il m’appelle quand-même, qu’il fasse comme si c’était normal. Je paranoise après le coup de fil, persuadée qu’il en a assez, de moi, de mes manières de fille qui adore qu’on la courtise, de mon incertitude, puisqu’il ne sait pas que (grâce à mes cousines -thanks les filles) chez moi aussi, quelque chose a bougé, que la douceur pourrait bien s’amener finalement, que je laisse la porte ouverte.
Sur le chemin de la “maison” de B., je me force à faire comme si c’était la dernière fois que j’empruntais lcette rue, la dernière fois que je descendais à cette station de métro. C’est sans effet, à part celui de me faire réaliser à quel point j’aime cet endroit, cette maison justement, cette atmosphère, les gens qui la font. J’en ai honte, et évite de le montrer. Je déteste le changement, je déteste les départs mais pas les arrivées. Une fois les choses entrées dans mon horizon, il ne faut pas bien longtemps pour que j’en fasse une partie de mon univers.
Je frappe, B m’ouvre, sans baiser. La porte de la cuisine est fermée, comme je ne l’ai jamais vue. Je suppose qu’il y a les “visites” derrière. C’est violent, comme sensation, cette interdiction de la cuisine, de là où j’ai bu, parlé en trois langues, rigolé, pleuré, dormi.
Je sais je ne suis pas chez moi, evidemment, mais les larmes aux yeux quand même tellement je trouve ca “symbolique”, de ce truc qui ne tourne pas rond. C’est une situation que j’ai l’impression d’avoir déjà vécue des centaines de fois (mais quand?), j’ai les yeux plein de larmes encore à l’intérieur, je ne regarde pas B, la gentillesse du sourire des colocs est un vrai baume.
Je suis glaciale, je fais la transaction de l’ordinateur, je ne dis pas un mot inutile.
B. est en train de préparer un mini album illustré de ses dessins, avec le texte d’une chanson qu’il a écrite. Il me demande de corriger le texte, et je lui en veux encore plus, parce que ses fautes d’orthographe me fendent le coeur, je voudrais ne pas les voir, ne pas les souligner avec le stylo rouge de maîtresse d’école qu’il me tend. Ca fait mal de s’ouvrir, de se rendre compte que je n’ai plus envie de voir ces fautes-là de la facon dont je les aurais vues avant, avec mépris, avec pitié peut-être.
Je n’ai pas enlevé mon manteau, ni mon écharpe. Je ne décroche toujours pas un mot. Je devrais partir comme ca, froide, altière. mais je ne peux pas. B m’accompagne au métro, sur le chemin il parle, raconte la semaine chargée, stressante, pleine de soucis, je ne dis rien, je hausse les sourcils, je vais finir par le blesser. C’est son baptême de moi dans mes mauvais jours, et la pire version.
Mais devant le métro, il me prend longtemps dans ses bras. Et bien sûr j’éclate en sanglots, enfin, bien sûr c’est encore un peu comme avant, pas tout à fait changé, je pleure du jour qui s’en va à 15h30, de mes soirées devant TV5 Monde, de mes siestes de 15h à 17h, du froid que je défie en sortant en pull, des bruits de pas que j’entends devant ma fenêtre, de mes insomnies jusqu’à 5h, je pleure d’être dans cette putain de ville que j’aime un peu trop, d’être là devant le métro avec toutes mes angoisses rentrées, avec de la tendresse qui se refuse, avec la sensation que tout est merveilleux mais trop précaire, bancal, trop fragile, pour que je puisse me calmer.
Les “visites” s’en vont demain. B, qui a un peu tout compris, dit qu’il aura “du temps à me consacrer”. Je suis une gamine, en ce moment, une gamine avec des peurs infantiles ridicules, des manies de mamie et une inconscience d’ado qui claque le fric sans oser regarder son compte en banque, des fois qu’il pousse sur les arbres.

Bref, tout ca est peut-être raconté de manière un peu trop solennelle, mais je suis sous l’influence totale d’un livre commencé hier (Mes mauvaises pensées, Nina Bouraoui) : l’écriture convulsive, la parole de la thérapie, l’envie de “tout dire”, le besoin de se délivrer de ce qui est pensé en l’écrivant. Elle cite Hervé Guibert, je me sens en terrain connu. J’entre dans son intimité comme je suis entrée dans la sienne, à HG (et là je devrais normalement dire que mon mémoire avance- sauf que c’est faux). Je suis jalouse des sensations de Nina Bouraoui, de ses souvenirs, de sa facon de sentir, de capter les choses.

Ce soir, tisane et lecture. Je me sens un peu en surchauffe cérébrale, là.



Puisque c’est comme ca, moi aussi
novembre 26, 2007, 12:16
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Pi – music video (Placebo – Bubblegun)

Voilà, ce matin, c’était vraiment comme ca. Une envie soudaine de réécouter cette vieille chanson qui me fait invariablement penser à Special K, mais aussi à tous mes égarements romanesques pour des garcons qui n’en valaient pas toujours forcément la peine.
TV5 Monde, c’est bien. Dimanche soir couette et tisane, il fallait absolument que je trouve du matériel télévisuel à me mettre sous la dent. Après une bonne demi-heure passée à râler à voix haute parce que ma télé-combiné-DVD toute pourrie refuse obstinément de passer mes vieux dvd gravés de Desperate Housewives, je me suis décidée à tenter de régler mon antenne. Et j’ai TV5 Monde donc, en francais. Ce qui donne, en nocturne : deux moyens-métrages pas mal du tout, beaucoup de pub, un “Mondomix-musiques en couleur”, un Journal de l’Afrique, et un téléfilm où une duchesse amoureuse de son majordome se fait remplacer pour quelques heures par une pouf de cabaret qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, et qui finit par se faire tuer à sa place lors d’un sommet international, ce qui force la duchesse à abandonner son titre pour ne pas réveler qu’elle a manqué aux devoirs de son pays. C’est con.
Il était 4h55 quand j’ai éteint ma télé pour ne pas voir le happy end (la duchesse et le majordome enfin réunis, par delà les différences sociales, oui oui). Et ce matin, j’ai été tirée du lit, à 8h tapantes, par des ouvriers qui sont venus changer un truc pour…capter plus de chaînes. J’aurais du dire “Nein, Danke”.
S m’a coupé les cheveux. Ce matin, les cheveux en bataille, pas maquillée, et dans un (vieux) t-shirt de B., je ressemblais à un gamin de 9 ans. Je ne déteste pas.
En parlant de Desperate Housewives, il paraît que la pénurie de péripéties pointe, à cause de de la grève des scénaristes hollywoodiens.
Chez moi, c’est un peu pareil. Les mecs qui scénarisent ma vie m’ont l’air de ne pas faire grand chose en ce moment. Je dis les mecs, parce qu’il me paraît évident que si c’était des filles, elles ne manqueraient pas d’imagination pour faire rebondir l’intrigue. Moi même, je fourmille d’idées.
Mais non.
Au lieu de ca, j’ai eu droit à un formidable hors-jeu de B., qui m’a quand même plantée, à la dernière minute, un samedi soir. Ce qui donne : bière (une seule) dans ma cuisine, pensées négatives, et énervement (grande victoire, toujours mieux que les larmes). J’ai même réussi à hausser la voix au téléphone. Que m’arrive-t-il? Même si la question serait plutôt : qu’est-ce qui se passe chez B.? Une visite surprise, des “vieilles copines” qui débarquent, et qu’apparemment je n’aurai pas l’honneur de rencontrer. Très bien.
Je me contente d’un sourire narquois en repensant à ce qu’il m’a dit mercredi. Qu’il voulait qu’on soit vraiment ensemble. Il n’en prend pas le chemin.  Dommage qu’on ne soit jamais “synchro”, hein? Moi qui étais (pour une fois) pleine de bonne volonté.
(Par souci d’honnêteté: c’est plus complexe que ce que je raconte, je me demande ce qui lui passe par la tête)
J’ai donc appelé H., qui fut on ne peut plus froid (les colocs en bruit de fond, car H n’a pas de portable). Il n’y a sûrement rien à comprendre. Hormis que je ne peux pas emprunter son ordinateur, qui est chez B., et que je dois appeler B. pour l’avoir, mais que je ne l’appelerai pas.
Deux blessures d’amour propre plus tard donc, je me suis décidée à braver le froid et le vent pour aller au musée de la photographie, en réalité la fondation Helmut Newton. Et j’ai vu…du Helmut Newton, mais aussi et surtout une très belle série de Larry Clark. Thématique : fin des années 1970, jeunesse, sexe, misère et piqures. En noir et blanc. Un modèle du genre.
Ce matin, il fait très beau. Et froid. Je ne peux pas travailler, et je ne sais pas ce que je vais faire de ma journée. Acheter des livres, tiens.
Hier soir, j’ai eu envie de commencer des études de psycho.



je dois fermer les yeux pour te voir comme avant
novembre 24, 2007, 1:13
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things behind the sun- nick drake

 Cousines parties tôt ce matin, j’ouvre mes albums photos sur une impulsion soudaine. De l’eau dans mon lait. Etalée sur des dizaines de pages, anorak jaune criard, tresses Pocahontas, vélo vert et jaune. Des sourires un peu forcés et des moues sûrement plus sincères.
J’ai toujours été persuadée que j’avais eu une enfance on ne peut plus heureuse.
Mon frère et ses bouclettes, mon petit frère et sa bouille de fille, et moi avec mes dents de devant manquantes, tous embarqués en vacances, on avait les même lunettes de soleil, rond Beatles, montures de couleurs différentes. 
Ca fait mal d’essayer de voir dans les regards, de chercher la petite bête de ce qui n’allait pas.
Je traque le sourire fissuré, le regard perdu au loin.
J’espionne la bouche qui était en train de parler, les mains qui touchaient, tout ce qui n’est pas sur la photo.
J’essaye de redessiner le hors-champ, de combler les ombres.
Et je ne trouve rien.
Mes cousines ont été étonnées, comme d’habitude, que je leur rappelle des phrases, des noms, des gens, qui faisaient partie de leur vie à elles il y a 10 ou même 15 ans.
Mais devant toutes ces photos, je suis seulement comme devant un monde perdu. Les atmosphères se bousculent mais je ne peux pas les interpréter.
Ma nostalgie devient de plus en plus amère.



La nuit je mens (mais je ne dois pas être la seule)
novembre 22, 2007, 11:46
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J’ai retrouvé les petits regards d’H qui me font papilloner de l’intérieur. J’envoie depuis mon tabouret de bar des signaux que je dose peut-être mal. On se cherche entre les parkas et les écharpes, au-dessus des cheveux, des lumières et de la fumée des clopes.
Mes cousines m’ont déjà dit, dix minutes après leur arrivée, qu’elles adoraient l’endroit et surtout B, qui les a charmées direct, mais sans faire de charme.
Voilà. H et moi on se regarde comme des bêtes curieuses. Je me tiens à distance de B. qui a semble t-il compris que la délégation familiale n’était pas propice à l’échange de salive et d’émotions. Tout ca viendra plus tard.
H ne me lâche pas des yeux, je tiens bon aussi. Ce doit être un jeu dont je n’ai pas les règles.
Et puis finalement se retrouver comme des cons devant la porte des toilettes occupées. Je sur le canapé, il s’assoit et me prend dans ses bras. Furtivement. Ce n’était pas prévu et même pas prévisible. Je n’ai rien senti finalement. Mais c’est comme reconnaître, bien prématurément, ce que contiennent les regards qu’on se jette.
Alors nous voilà à parler de rien. Les escaliers craquent sans cesse.
Je propose une bière. On la boira et puis il s’éloigne. L’aveu, c’est la tête penchée et les yeux plissés, comme ce qu’on fait avec les bébés : tu me vois, tu ne me vois plus. Mais je te vois, et c’est moi qui irai le chercher contre son mur du fond.
Où est B.?
Sur le canapé ou je discute maintenant avec H, je suis obligée de refuser l’épaule que réclame la tête de B. Refuser l’attention qu’il demande.
Mais les filles s’en vont, et je sais déjà que ce n’est pas chez moi mais avec B. que je dormirai.
Il finit par insister un peu trop. Malgré ma froideur, il m’enlace. H se lève et quitte le bar.
“Tout le monde pense qu’on est ensemble” dira B. qui ne peut pas faire le lien.
Il y a là un Allemand que je ne connais pas. Pour lui, je suis “die kleine Franzözin”, celle qui a un accent “so süss” quand elle tente de parler allemand. S. m’explique très sérieusement combien cet accent est notre atout principal, à nous les petits Francais. Paraît que je me rends même pas compte à quel point ca les rend fous, et qu’avec l’accent, tu les a tous a tes pieds. S. doit bientôt me couper les cheveux : “Je vais te rendre irrésistible”. Il fait pleuvoir des mauvaises intentions dans ma tête. Je vais quand même garder l’accent.
B. revient. Je me monte la tête et rêve à autre chose que ce fatal rapprochement de fin de soirée. Même si ce n’est pas que ca. Même si c’est autre chose. Même si ca ne s’arrête plus à l’affection. Même si je n’ai plus peur. Je veux autre chose. 
Une fois de plus je tente de dire à B. qu’il ne faut pas compter sur moi.
Pas entendu le réveil, ni lui ni moi. Je suis déjà en retard. Je n’ai qu’une chose à dire à C. ce matin : mon ordinateur est mort. De chez mort. Il ne s’allume plus. Je ne peux plus (du tout) travailler. H m’a proposé de me prêter le sien, hier soir. J’ai du demander son numéro à B. Et puis je n’ose pas l’appeler, parce que je voudrais que mercredi prochain encore des regards, et que je ne suis pas sûre qu’ils survivront au café que je voulais lui proposer. Et que je ne suis même pas sûre que ces regards veuillent dire quelque chose. Même pour moi.
A 15h30, il fait presque nuit. Ca fait une drôle d’atmosphère dans la cuisine de C. On passe en revue pas mal de mes soucis matériels. Encore tant de choses à régler. Les jours passent et je ne m’ennuie jamais, sans vraiment savoir ce que j’en fais. Un sursaut de volonté, périodique, qui me ferait dire que je vais m’attaquer à chaque chose l’une après l’autre, que je ne vais pas me faire prendre au piège de la négligence. L’ancien fantasme de ne perdre aucune miette de mes journées, de les remplir jusqu’au bord. De grimper sur mon cheval et de le mener fermement. Mon cheval s’attarde dans les contre-allées, et je comprends de plus en plus que je ne perds pas mon temps.



berlin berlin berlin
novembre 19, 2007, 4:59
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Ce matin, dans le métro, un mec chantait cette chanson-là. Une beauté un peu spéciale, l’air paumé mais doux. On aurait dit qu’il se sentait loin de tout, et qu’il ne chantait que pour lui. Ce petit air de s’excuser quand il a eu fini.
Ca m’a (re)donné des envies de lointain. Et de baisers dans le métro.
Parallèlement, le soleil qui se mêle au vent glacial, sur l’esplanade de la Postbank où j’allais ouvrir le compte en banque qui fera de moi une vraie citoyenne allemande (munie du sésame EC-Karte), m’a donné envie de me coucher sur le bitume. Pour écouter Bob Dylan, et pour admirer le ciel berlinois. C’est mieux qu’être à New York en écoutant Tokyo Hotel, non? C’est bon d’avoir encore ces moments de… ces moments où…je suis juste , à 1oo %.
Et ce matin, c’était le bordel à la station de U-Bahn, une entrée en travaux, il faut faire la queue devant l’ascenceur, et je souriais en pensant aux grèves à Paris. Sans ironie, mais juste parce que j’aime me sentir loin.
Et dans le métro, je souriais en pensant alternativement à B., qui est tout de même définitivement attendrissant, et à nouveau fantasme, qui est temporairement affolant.
Et je pensais à Noel, à mon retour vacancier qui s’annonce, au bordel que ca va être de vouloir être en même temps à Pont, à Rennes, à Paris et à Lyon, à Strasbourg. Et ca me faisait rire. Il y a des jours comme ca.
Alors, tu vois, je ne suis pas suicidée, et même pas tombée de la falaise. Aujourd’hui tout va bien. En janvier, ca ira même encore mieux. Je te réserve le mois entier.
Soirée famille avec mes cousines arrivées hier. On est d’accord pour forcer notre chère grand-mère à nous raconter sa vie, pour la forcer à parler. On élabore des stratégies pour arriver à en savoir plus.
J’écris sur l’ordinateur d’un Italien cerné qui vient gentiment de me le prêter, me voyant traficoter mon écran depuis une bonne heure. Des lignes de toutes les couleurs, c’est ca qui s’affiche quand je l’allume. Peut-être que c’est un signe.



Non, rien
novembre 18, 2007, 9:03
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Mes cousines arrivent dans deux heures à l’aéroport. J’ai une tête pas possible. Si j’avais pu, tout ce que j’aurais voulu faire aujourd’hui, c’est rester allongée en regardant le plafond. Et je me serais sûrement endormie, réveillée à 17h, la nuit déjà tombée, le moment pour se rendre compte qu’on est dimanche, et que le dimanche c’est toujours un peu glauque. Tout aurait donc été normal.
J’ai vu un groupe (pas terrible) de ska francais, hier soir. Ils ont une chanson qui raconte en substance une “histoire” entre deux personnes qui se rapprochent, comme c’est étrange, quand ils boivent un peu trop. Le refrain, c’était : “1 verre, je te vois pas, 3 verres y’a plus que toi”, un truc dans ce genre-là. B. faisait les lumières, sur le balcon en haut. Dans la salle, j’ai pu exploser de rire à mon aise. Rire pas encore jaune, il faut croire que j’en étais à mon deuxième verre.
Encore une soirée où il est bien agréable de se laisser porter par le “cours des choses”. Il faut que je dise aussi que, depuis mon coup d’éclat de mercredi, les “choses” semblent être instituées. Je ne me “crispe” pas. Je ferais peut-être mieux.
Ce matin, en partant, j’ai failli laisser un mot, genre “C’est pas ce que je veux”.
Et sinon, j’ai un vrai nouveau fantasme berlinois (le premier après O., c’est pas un truc qui se fête ca?).
” Il faudrait que j’ai un mec allemand pour apprendre l’allemand… (moi)
- Ouais, c’est clair (B.)
- Tu penses à qui?
- Hein??
- T’as une idée?
- Pourquoi, tu penses à quelqu’un, toi????
- Non non …. (+ rire de pouf collégienne + envie malsaine de dire : et même qu’il est là, devine qui c’est)”
Voilà, voilà.
A part ca, je suis très gentille. Un peu trop, même. Enfin, la gentillesse a bon dos pour excuser mes égarements (répétés).



A l’envers à l’endroit
novembre 15, 2007, 6:14
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Je n’ai pas profité de la connexion miraculeuse bien longtemps.
D’ailleurs, rien ne dure bien longtemps.
Les bonnes résolutions, par exemple. Deux jours. Bravo. En même temps, j’ai fait une crise d’angoisse hier après-midi. Ca a commencé par des ennuis habituels de frustration bancaire, qui m’ont empêchée d’acheter des clopes. J’ai été incapable de retrouver un seul brin de tabac (et un seul euro) chez moi. Je n’ai donc absolument pas fumé de midi à 20h. Certes, c’est un exploit mais disons que c’est loin d’être la seule chose qui m’a fait craquer à ce point-là. Enfin calmée, je me suis quand même posé la question, presque sérieusement : bon, qu’est-ce que je fais? si je vais chez B. (c’est le soir du bar), c’est pas innocent. Du tout.
C’est donc en connaissance de cause que je suis allée passer la soirée là-bas. Et tout ce qui s’est passé ensuite est entièrement de ma faute. Et aussi celle du U-Bahn, qui a eu la bonne idée d’être HS alors que j’avais réussi à décider de rentrer chez moi, un peu poussée par B. qui apparemment prenait au sérieux toutes les décisions prises la veille.
Enfin bref, deux jours.
Maintenant c’est encore plus le bordel. Mais tant pis. Et comme par hasard, hier soir il y avait aussi H. et ses petits regards (transcendants). Troublée. Et je pense qu’il l’a vu. Mais la seule parole échangée fut “Hallo”.
Je me suis pas réveillée ce matin pour mon rendez-vous avec C.
N’empêche, il y a vraiment quelque chose que j’adore, après une soirée/nuit pareille. Après l’épreuve du métro où tu évites de croiser le regard des gens qui partent au boulot quand toi tu as l’air d’aller te coucher (même si même pas). C’est rentrer chez moi, balancer toutes mes affaires, me faire couler un bain, manger des pâtes. Sentir à nouveau bon au lieu de cette odeur de “brasserie” charmante, les cheveux doux, propre, nettoyée, calmée, (un peu) défatiguée. Enfiler des fringues qui sentent la lessive. Et ressortir comme si de rien n’était (mais avec des cernes quand même).
C’est le bordel, mais est-ce si grave?



a new life
novembre 14, 2007, 1:28
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Il faut croire que les miracles existent. J’ai choppé une connexion wifi dans mon appart. Il m’a fallu deux mois pour me rendre compte que si je pose mon ordinateur sur le rebord de ma fenêtre… C’est un peu affligeant, parce que j’ai pas arrêté de râler depuis que je suis arrivée, alors que : je vais pouvoir travailler non stop (= je vais passer ma vie à lire des blogs), je vais pouvoir travailler chez moi (= je ne vais plus mettre le nez dehors), je vais pouvoir écrire ici plus souvent (=la nuit/quand j’ai bu/…). Voilà qui risque de bien meubler mon hiver…Merci l’Internet…
En tout cas, ça calme mon angoisse ce soir, ça marchera le temps que ça marchera.



A moitié, à demi, pas du tout…
novembre 13, 2007, 8:37
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Pourquoi les dernières fois sont toujours les meilleures? Pourquoi on ne peut pas s’empêcher d’être triste quand on fait vraiment ce qu’on doit faire?
Alors voilà, on a dit que cette fois, vraiment, on arrête de faire n’importe quoi. On a beau boire un peu trop de temps en temps, ça n’excuse pas tout. Et on essaye de regarder ce qui peut résulter de tout ça. Sûrement une catastrophe. Donc, tout de suite, pendant qu’il en est encore temps, stop. Ce n’était pas un adieu, c’était juste une dernière fois, comme pour dire “il y a quand même quelque chose, il y a quand même ça, ce truc qu’on ne comprend pas”. On l’a vu, consasté, regardé, accepté et disséqué. Ca n’a pas forcément aidé à savoir ce qu’on devait en faire, ni ce que c’était vraiment.
Je rigole en imaginant avec B. quand sera sa prochaine conquête. Apparemment, dans pas longtemps, “je peux pas être seul, je déteste ça”. Et puis, il me chante des chansons “débiles” qu’il a écrites. Je les aime bien, comme j’aime bien sa voix fatiguée. Bien avancés.
Alors, reste à…
Reste plus qu’à …

Finalement, quand j’essaye de comprendre, je vois juste deux “super potes” qui rigolent, juste un peu trop en demande d’affection. Et là, il va falloir arrêter. Parce que ni l’un ni l’autre n’est la personne qu’il faut.

C’est presque triste.



So tell me again what am I feeling you know me so well
novembre 12, 2007, 4:57
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Reconnexion après une semaine sans écrire ici, et après un long week-end avec Debbie. Reconnexion tout court même, tellement ça fait du bien de pouvoir faire un lien avec ici et le reste. Au programme du week-end, la vraie vie berlinoise (oui je me la joue un peu), pas un truc pour touristes, même pas une carte postale, c’est pour dire. Passer du ¨concert punk au Köpi à un club apparemment très “pouf pouf et minets” (plus ou moins branchés) pour y entendre le mix de Princess Superstar (une simili pupute blonde avec une voix de casserole). Passer du squat au total sponsoring Coca Cola. Le tout dans la même rue. Traîner au marché turc, sous la pluie, acheter des bières au Plus. Descendre quelques marches pour passer de l’appart de B. à une boîte cachée au rez-de-chaussée, plein de gens dans la lumière rouge, des Beck’s qui viennent d’un côté ou de l’autre, des mains qui se joignent, des baisers (et même des gens qui veulent qu’on leur gratte la tête). Passer des filles qui rient aux filles qui pleurent. Je me suis cognée la tête dans la porte en sortant, ça fait mal. Passer du helva et du baklava au canard 2 versions, du blanc cheap au rouge chic. Passer du français à l’allemand. De la banlieue messine à Berlin. Jongler. Se dire qu’il y a peut-être quelque chose qui se passe (avec une bonne attachée de presse?). Patauger dans la boue du Mauerpark, et acheter un ami imaginaire qui a 5 ans et demi à tout péter. Passer de la pluie qui glace à la chaleur de la cheminée du café orange.
Je ne savais pas comment raconter ce week-end. Merci d’être venue.